L' Anti Money Laundering Authority , ou AMLA , est la nouvelle autorité européenne de supervision LCB-FT créée par le règlement UE 2024/1620, dont le siège est établi à Francfort. Elle coordonne et supervise directement la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme au sein des 27 États membres de l'Union européenne. Sa première supervision directe débutera en 2026, en ciblant environ 40 entités financières transfrontalières à haut risque. Voici son rôle, ses missions et les obligations concrètes qui en découlent pour les entreprises assujetties.
L' AMLA est une agence européenne de régulation financière distincte des autorités nationales existantes, telles que l'ACPR en France ou la BaFin en Allemagne. Elle s'inscrit dans un paquet législatif AML/CFT adopté par l'Union européenne en 2024, qui comprend le règlement AMLA, la 6e directive AML et le règlement sur les transferts de fonds. Sa vocation centrale : harmoniser les pratiques LCB-FT fragmentées entre États membres et combler les lacunes exploitées par les réseaux criminels. Europol estime qu'environ 1 % du PIB européen est blanchi chaque année, soit plus de 150 milliards d'euros. Une réponse coordonnée à l'échelle européenne s'imposait.
Supervision directe des entités financières à risque élevé L' AMLA supervisera directement un groupe sélectionné d'entités financières transfrontalières jugées à haut risque : banques, prestataires de services de paiement et émetteurs de crypto-actifs . Les critères de sélection reposent sur une présence dans au moins 6 États membres et une exposition élevée au risque LCB-FT . Le portefeuille de supervision sera renouvelé par rotation tous les 3 ans. Cette supervision directe se distingue de la supervision indirecte, qui reste confiée aux autorités nationales pour les entités locales. Coordination et soutien aux autorités nationales L'AMLA émettra des normes techniques contraignantes (RTS/ITS) et des orientations ( guidelines ) applicables dans l'ensemble de l'Union. Elle peut aussi intervenir en médiation entre autorités nationales en désaccord. Elle gérera par ailleurs une base de données centralisée des déclarations de soupçon , permettant l'interconnexion des cellules de renseignement financier (CRF) nationales pour un partage d'informations plus direct qu'aujourd'hui. Surveillance des crypto-actifs et des secteurs non financiers Le périmètre de l'AMLA s'étendra progressivement aux prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) dans le cadre du règlement MiCA. À terme, les professions non financières seront également incluses : avocats, notaires, agents immobiliers et comptables.
Critère AMLA (niveau européen) Autorité nationale (ex. ACPR, BaFin) Périmètre géographique Union européenne (27 États membres) Territoire national uniquement Entités supervisées directement ~40 entités transfrontalières à haut risque Toutes les entités locales assujetties Pouvoir de sanction Oui - sanctions administratives directes Oui - dans le cadre national Normes émises RTS, ITS, guidelines européens (contraignants) Circulaires, recommandations nationales Coordination CRF Oui - plateforme centralisée EU Non - échanges bilatéraux uniquement Entrée en activité 2025-2026 (phase de montée en puissance) Opérationnelle (existante) L'AMLA ne remplace pas les autorités nationales. Les deux niveaux coexistent selon une logique hiérarchique : les autorités nationales gardent leur compétence sur les entités locales, tandis que l'AMLA intervient sur les entités transfrontalières à haut risque et fixe le cadre normatif commun.
Les entreprises concernées dès aujourd'hui Les catégories d'entités assujetties aux obligations LCB-FT comprennent notamment : Les établissements de crédit et sociétés de gestion Les prestataires de services de paiement (PSP) Les plateformes d'échange de crypto-actifs Les professions juridiques et comptables Ne pas attendre la supervision directe de l'AMLA pour engager une mise en conformité serait une erreur de calcul. Le cadre réglementaire national reste pleinement applicable aujourd'hui, et les nouvelles normes européennes viendront le renforcer. Les 4 piliers de conformité LCB-FT à renforcer KYC renforcé : identification et vérification des bénéficiaires effectifs (UBO) , mise à jour périodique des dossiers clients. Surveillance des transactions : outils de détection automatisée des schémas suspects, respect des seuils réglementaires. Formation des équipes : sensibilisation annuelle obligatoire des collaborateurs exposés aux risques de blanchiment. Déclarations de soupçon (DS) : procédures internes documentées, délais de transmission aux CRF nationaux respectés.
2024 : adoption du paquet législatif européen AML/CFT. 2025 : constitution de l'AMLA à Francfort, recrutement des équipes, publication des premières normes techniques. 2026 : début de la supervision directe du premier portefeuille d'entités sélectionnées. 2027-2028 : montée en puissance et extension progressive aux secteurs non financiers. Ce calendrier laisse une fenêtre d'action aux entreprises pour adapter leur dispositif interne avant que les nouvelles obligations de supervision ne s'appliquent pleinement.
L' Anti Money Laundering Authority instaure une supervision unifiée et plus stricte de la lutte contre le blanchiment de capitaux en Europe. Les entreprises assujetties ont tout intérêt à auditer leur dispositif LCB-FT dès maintenant, sans attendre 2026. Consultez notre guide pratique pour évaluer votre niveau de conformité AML et identifier les points prioritaires à traiter avant les prochaines échéances réglementaires.
L' AMLA est la nouvelle autorité européenne de supervision LCB-FT créée par le règlement UE 2024/1620. Elle supervise directement les entités financières transfrontalières à haut risque et coordonne les autorités nationales pour harmoniser la lutte contre le blanchiment de capitaux dans les 27 États membres de l'Union européenne.
L' AMLA est en cours de constitution à Francfort depuis 2024. Sa première supervision directe débutera en 2026, avec une montée en puissance progressive jusqu'en 2028.
Dans un premier temps, environ 40 entités financières transfrontalières présentes dans au moins 6 États membres et exposées à un risque LCB-FT élevé. Le périmètre s'élargira ensuite aux prestataires de crypto-actifs , aux professions juridiques et aux agents immobiliers.
L' AMLA opère au niveau européen et supervise directement les entités à haut risque transfrontalières. Les autorités nationales (ACPR en France, BaFin en Allemagne) conservent leur compétence sur les entités locales. Les deux niveaux coexistent selon une logique hiérarchique.
Les entreprises assujetties doivent renforcer leur KYC dès maintenant, mettre à jour leurs procédures de déclaration de soupçon , former leurs équipes et documenter leur dispositif de contrôle interne LCB-FT selon les standards européens.